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Πέμπτη, 29 Ιανουαρίου 2015

Le 30 janvier, les Trois Hiérarques.Les patrons de l’Education nationale (jour férié pour tous les écoliers)

Les Trois Hiérarques 
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Le 30 janvier, nous célébrons la mémoire commune de nos TROIS Saints PERES et DOCTEURS de l'univers : BASILE le GRAND, GRÉGOIRE le THÉOLOGIEN et JEAN CHRYSOSTOME

aaSous le règne de l'empereur Alexis Comnène (1081-1118), une querelle vint à diviser à Constantinople les hommes instruits dans les choses de la foi et zélés pour la vertu, au sujet des trois Saints Hiérarques et grands Pères de l'Eglise : Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome. Les uns disaient préférer Saint Basile aux deux autres, car il a su expliquer les Mystères de la nature comme aucun autre et il s'est élevé au rang des Anges par ses vertus. Organisateur du monachisme, chef de l'Eglise entière pour lutter contre l'hérésie, pasteur austère et exigeant quant à la pureté des mœurs, il n'y avait en lui rien de bas ni de terrestre. C'est pourquoi il était, disaient-ils, supérieur à Saint Chrysostome qui, par nature, était plus facilement porté à pardonner aux pécheurs.



D'autres, prenant le parti de l'illustre Archevêque de Constantinople, rétorquaient que Saint Chrysostome n'avait été en rien moins zélé que Saint Basile pour combattre les vices, porter les pécheurs au repentir et élever tout le peuple à la perfection évangélique. Insurpassable par son éloquence, ce pasteur à la « bouche d'or » a arrosé l'Eglise d'un véritable fleuve de discours, dans lesquels il a interprété la parole de Dieu et a montré comment l'appliquer dans la vie courante, avec une maîtrise supérieure aux deux autres Saints Docteurs


http://calendrier.egliseorthodoxe.com/sts/stsjanvier/janv30.html
Aujourd’hui, le 30 janvier est un jour férié pour tous les écoliers et les Trois Hiérarques sont fêtés de la même manière dans toutes les écoles du territoire : les écoliers et les enseignants assistent à une messe, puis un discours « éducatif » est prononcé. En règle générale, cette fête est peu ritualisée, sauf dans les îles cycladiques de Tinos et de Sifnos 4, où les cérémonies officielles sont articulées à des pratiques religieuses locales, ce qui leur donne une signification nouvelle : initialement destinée à exalter l’identité religieuse de la nation, la fête est devenue ici un moyen d’affirmer l’identité locale. Avant d’examiner ce qui lui permet de jouer ce rôle, il faut, au préalable, préciser qui sont les Trois Hiérarques et pourquoi ils sont devenus les protecteurs de l’Education en Grèce.

Les patrons de l’Education nationale

7Les patrons de l’Education nationale désignés en 1843 étaient trois théologiens du ive siècle : Basile le Grand (?330-379), Grégoire de Nazianze5 (?329- ?390) et Jean Chrysostome (?344-407). La construction de cette triade date du xie siècle : on la doit à Jean Mavropous, un évêque du temps de Constantin IX Monomaque (1042-1055), qui instaura la fête du 30 janvier en l’honneur de ces trois Pères de l’Eglise. Les trois docteurs furent désormais fêtés ensemble.
8Pour constituer cette triade, Jean Mavropous modifia un regroupement antérieur : selon la tradition ecclésiastique, les deux premiers théologiens forment avec le plus jeune frère de Basile le Grand, Grégoire de Nysse (mort en 394), un groupe connu sous le nom de « Trois Frères cappadociens ». D’après Timothy Ware (1963 : 31-32), les Trois Frères de Cappadoce ont élaboré la doctrine de la Trinité, tandis que Jean Chrysostome a reformulé dans un langage plus populaire leurs arguments théologiques : ce dernier est « de tous les Pères […] peut-être le plus aimé dans l’Eglise orthodoxe, et celui dont les œuvres sont le plus lues ».
9La triade des Frères cappadociens fut ainsi remplacée par un autre regroupement, qui ne s’appuyait plus sur le critère restreint du lieu d’origine. La transition fut d’autant plus facile que seul Grégoire de Nysse était éliminé de la liste : dans la mesure où il portait le même prénom que Grégoire de Nazianze, il était facile de les identifier l’un à l’autre, voire de les confondre. Grégoire de Nysse, par ailleurs, était le frère cadet de Basile le Grand : en le supprimant, on établissait un regroupement plus ample, où les liens familiaux et géographiques étaient abolis.
10Au xie siècle, Jean Mavropous présenta son initiative d’instaurer une fête commune pour les Trois Hiérarques comme une réponse au désarroi populaire : leurs dévots étaient alors divisés entre trois partis, les johannites, les basilites et les grégorites, et chacun soutenait que son docteur éponyme était le plus important 6. En décidant de les fêter ensemble, on cherchait à mettre fin aux antagonismes et à assurer l’unité de l’Eglise. Dans les hymnes que Jean Mavropous composa, les Trois Hiérarques furent présentés comme la « Trinité des docteurs », une métaphore terrestre de la Trinité divine 7. Ils devinrent ainsi le symbole de la sagesse, de l’égalité et de l’unité sociale.
11Ce sont précisément ces qualités que l’Etat grec voulut mettre en avant en les élevant huit siècles plus tard au rang de saints patrons de l’Education nationale. D’après Michael Herzfeld (1993 : 42), « en Grèce, la “transsubstantiation” d’une société patrilinéaire en culture nationale, de l’hérédité en héritage, est véhiculée par la dramatisation des premiers partisans intellectuels de l’indépendance grecque en tant qu’“Enseignants de la nation” – l’esprit conduisant le sang ». Les idéologies nationalistes, selon Herzfeld, s’appuient toujours sur le langage de la parenté agnatique : du sang porteur de la parenté, on passe au sang que les héros nationaux versent pour la patrie, à l’instar du sang que le Christ a offert pour le salut de l’humanité. Ici, pourtant, ce qui nous intéresse principalement est « l’esprit qui conduit le sang » et son rôle dans la construction de la continuité imaginaire de la nation : pour atteindre ce but, l’Etat devait ajouter aux acteurs de l’indépendance des personnages susceptibles d’incarner l’atemporalité des valeurs de la nation grecque. Ce rôle fut confié aux Trois Hiérarques.
12Tout en s’opposant au paganisme, ces trois théologiens ont valorisé l’héritage littéraire et philosophique des Grecs anciens, qu’ils considéraient comme une source à laquelle il fallait puiser pour élaborer la théologie chrétienne. C’est ce rôle de médiateur que soulignent toujours les discours prononcés par les enseignants le 30 janvier : les Trois Hiérarques y sont présentés comme les figures emblématiques d’une continuité entre culture antique et culture chrétienne que l’Etat et l’Education nationale ne cessent d’exalter. La nation grecque, en effet, a défini son identité par rapport à ces deux références : elle est une nation chrétienne qui a su, en même temps, préserver et vivifier l’héritage de la Grèce ancienne.
13Le choix des Trois Hiérarques comme patrons de l’Education montre l’importance que l’Etat attache à la dimension religieuse de l’identité nationale. Cette articulation apparaît encore plus clairement dans la légende de « L’école cachée ».
Les Trois Hiérarques ou Trois Saints Docteurs
Commémoration le 30 janvier/ 12 février

Les Trois Hiérarques sont Basile le Grand (329-379), Grégoire de Nazianze (329-390), Jean Chrysostome (349-407)

Nés en Cappadoce, (la Turquie actuelle), ils sont entrés dans l’histoire sous le nom des «Trois Saints Hiérarques». De pieux savants au 12ème siècle, se disputant pour savoir lequel des trois était le plus grand, on eut recours au saint et docte évêque Jean, métropolite des Euchaïtes, pour résoudre la question. Celui-ci pria et, la nuit suivante, au cours d’une vision des trois saints, ceux-ci lui enjoignirent d’arrêter la dispute : « Nous sommes égaux devant Dieu, il n’y a pas de dispute entre nous ! ». Pour leur fête commune, Jean choisit le 30 janvier. Qui sont ces trois saints hiérarques ? 


Saint Basile le Grand

Il naquit en 329 à Césarée, capitale de la Cappadoce. Frère de Sainte Macrine, celle-ci lui fera des remontrances à propos de sa vie mondaine à Césarée, Constantinople et Athènes où, pendant ses études, il se lie d’amitié avec Grégoire de Nazianze. Il s’établit à Annesi avec Grégoire pour mener une vie cénobitique. Dans sa grande règle, il énonce : « Dieu veut que nous ayons besoin les uns des autres ». Après son ordination comme évêque, il s’engage dans la lutte contre l’Arianisme qui s’attaquait aux relations des personnes de la Sainte Trinité (1). Il y trouve l’essence même de la foi chrétienne. Dans sa prédication, il met en lumière les grands thèmes sociaux de l’égalité foncière des hommes, de la dignité de la condition humaine, de la légitimité mais aussi des limites de la propriété. Sa doctrine est équilibrée, mais condamne la passion de posséder : « Posséder plus que nécessaire, c’est frustrer les pauvres, c’est voler ».

Pendant la famine de 368, il vend ses terres et inaugure le quartier épiscopal de la charité appelé la Basiliade. Tout cela lui valut pas mal d’opposition. Affrontant un jour le délégué de l’empereur Valens qui s’indignait de son franc parler, il lui répliqua : Tu n’as sans doute jamais rencontré d’évêque. Voilà, un petit échantillon de sa personnalité.

Saint Grégoire de Nazianze ˝le Théologien˝. 

Son père était évêque lorsqu’il naquit à Nazianze en 329 ou 330. Sa mère, Nonna, était très chrétienne. Il étudia jusqu’à l’âge de trente ans dans toutes les capitales des lettres et de la pensée. En 361, il fut ordonné prêtre par son vieux père évêque pour le seconder. Effrayé par sa charge, il s’enfuit chez Basile, qui, devenu évêque, créa un nouvel évêché à Sasines et y nomma Grégoire, ordonné évêque malgré lui. Prêtre contre son gré, le voici également évêque contre son gré.

Après la mort de l’empereur Valens, Constantinople (378) est aux mains des Ariens. Mais l'empereur Théodose enjoint de suivre la foi de Nicée et installe Saint Grégoire comme unique évêque de Constantinople (novembre 380). Il sera ensuite investi de la présidence au deuxième Concile Œcuménique (Constantinople I, 381). Devant les intrigues ecclésiastiques, il se retire en 381, mais continue de diriger l’Eglise de Nazianze. Son retrait sera définitif en 383, mais jusqu’à sa mort, en 390, il s’empresse à répondre à tous les appels.

Il écrivit beaucoup de discours, sur la Trinité, ce qui lui valut le nom de Théologien. Le théologien est celui qui proclame la divinité d’un être. Avec clarté et sérénité, il proclama la divinité du Père, du Fils et de l’Esprit: "Il faut honorer en silence la génération de Dieu". (Disc. 29, 8). Selon lui, les enfants qui, le jour des Rameaux, acclament la divinité du Christ, sont théologiens. Sa théologie témoigne de sa contemplation, issue du silence, qui s’exprime surtout en louange et par des hymnes. Il peut être bon de signaler qu’il fut également le défenseur des droits de la femme : Il peut arriver que la femme ait à faire l’éducation de son mari (Lettre à Olympias).

En guise de conclusion nous pouvons dire que Grégoire était théologien de la divinisation, amant de la Sainte Trinité et mystique.

Saint Jean Chrysostome

Né vers 349 à Antioche, il fut éduqué par sa mère restée veuve à 20 ans. Il assista aux cours du plus célèbre des professeurs : Libanius. Il s’enfuit au désert pour ne pas être ordonné avec son ami Basile. Sa santé ne résista pas à une vie d’ascèse trop dure aussi il revint. Ordonné diacre, puis prêtre, sa mission consistait en la prédication de la parole, il lui arrivait de prêcher pendant deux heures. On l’appela « chrysostome » c.-à-d. « bouche d’or ». Il dénonçait tous les excès politiques, économiques et religieux. Quant aux belles parures des femmes, il fulminait disant qu’à cause d’elles des milliers de pauvres avaient faim. Lors de la mort de l’évêque de Constantinople, l’empereur Arcadius imposa Jean pour lui succéder, à l’encontre de l’évêque d’Alexandrie Théophile, qui vit son candidat évincé. Jean ne tarda pas à dénoncer les désordres de la cour et de l’église. Objet de violentes oppositions, il finit par être envoyé en exil, puis rappelé par l’impératrice qui attribua sa fausse couche à cette mise à l’écart. Les intrigues reprirent. L’impératrice, comparée par Jean à Hérodiade, voulut en finir une bonne fois pour toutes avec lui, soutenue par les évêques opposés à Jean, elle lui interdit d’exercer sa fonction épiscopale et l’envoya en exil à l’extrémité orientale de la Mer Noire de façon à ce qu’il ne puisse plus en revenir. La troupe impériale fut sans pitié pour lui et il mourut d’épuisement en route, à Comane, le 14 septembre 407, en disant : « Gloire à Dieu pour tout ».

Jean était avant tout un pasteur, un homme pratique qui voulait appliquer sa connaissance à tous. Il était un familier de la pensée de Saint Paul. Il développa une théologie de la sainte Trinité à la portée de tous. Au sujet plus concret du mariage, après l’avoir déprécié, il en fit l’éloge en des paroles admirables (1).

Les trois hiérarques eurent ceci en commun: leur lutte contre l’Arianisme, qui les obligea à développer une théologie claire du Mystère de la Sainte Trinité. Ils appuyèrent de tout leurs poids de pasteurs une doctrine sociale en faveur des pauvres, donnant eux-mêmes l’exemple. Tout en critiquant sévèrement les excès des puissants, ils manifestèrent une grande tendresse à l’égard des petites gens du peuple.

D'après Archiprêtre Michel Seliniotakis 
http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/Les-Trois-Hierarques-ou-Trois-Saints-Docteurs_a2229.html

Notes du rédacteur: 

Les Trois Hiérarques sont Docteurs de l'Église pour l'Église romaine mais seul Saint Grégoire le Théologien (ne pas confondre avec le Pape Saint Grégoire le Grand, 540-604) fait partie des quatre Pères de l'Église d'Occident, avec saint Ambroise, saint Augustin et saint Jérôme. 
(1) L'arianisme (de Arius, 256-336, théologien et ascète à l'origine de cette doctrine) défend la position selon laquelle la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme. L'arianisme est condamné aux conciles de Nicée I (325) et Constantinople II (553). 
(2) ICI